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Israël a battu tous les records d’exportation d’armement en 2023 : 13,07 milliards de dollars de contrats signés

En bref. Le chiffre de 13 milliards de dollars vient du ministère israélien de la Défense. Son rapport annuel d’exportation d’armement pour 2023, remis au ministre de la Défense et rendu public le 17 juin 2024, fait état de 13,073 milliards de dollars (environ 49 milliards de shekels) de nouveaux contrats d’exportation signés au cours de l’année 2023. Ce n’est ni un chiffre d’affaires, ni une valeur de livraisons : ce sont des contrats signés. L’émetteur précise qu’il s’agit du troisième record consécutif et que le volume a environ doublé en cinq ans.

Article publié le 17 juin 2024 · revérifié et resourcé le 2 septembre 2026. La dernière section indique ce qui a été retiré de la version d’origine, et pourquoi.

Un record de contrats signés, pas un chiffre d’affaires #

rapport annuel d'exportation d'armement du ministère israélien de la Défense pour 2023

Le 17 juin 2024, le ministère israélien de la Défense a publié le bilan de l’exportation d’armement pour 2023. Le communiqué et la page de données de la SIBAT, la direction de l’exportation de défense du ministère, donnent le même chiffre : les industries de défense israéliennes ont signé en 2023 des contrats nouveaux pour 13,073 milliards de dollars, soit environ 49 milliards de shekels. Le ministère présente ce montant comme le plus élevé jamais atteint et comme le troisième record consécutif.

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La nature du chiffre compte autant que sa valeur. Il ne mesure ni le chiffre d’affaires des industriels, ni la valeur des matériels effectivement livrés dans l’année : il additionne la valeur des contrats d’exportation signés pendant l’année civile, dont l’exécution peut s’étaler sur plusieurs exercices. Le rapport a été remis au ministre de la Défense d’alors, Yoav Gallant, par le directeur général du ministère, Eyal Zamir, et par le chef de la SIBAT, Yair Kulas.

Le ministère rappelle aussi le cadre dans lequel ce bilan a été établi : 2023 est l’année du déclenchement, le 7 octobre, de la guerre que les autorités israéliennes désignent sous le nom d’« Épées de fer », et le communiqué indique que le ministère comme les industriels sont passés en fonctionnement d’urgence pour produire pour l’armée israélienne tout en poursuivant la production destinée aux clients étrangers. La version d’origine de cette page ne mentionnait pas ce contexte.

Ce que l’émetteur détaille : la répartition par domaine #

répartition par domaine des contrats d'exportation d'armement signés par Israël en 2023

Le communiqué du 17 juin 2024 publie la ventilation des contrats signés en 2023, domaine par domaine : systèmes de défense aérienne, missiles et roquettes 36 % (contre 19 % en 2022), radars et guerre électronique 11 %, moyens de tir et de lancement 11 %, aéronefs pilotés et avionique 9 %, munitions et armement 8 %, observation et optronique 5 %, véhicules et blindés 5 %, renseignement, information et cyber 4 %, drones 4 %, systèmes de communication et de commandement 4 %, satellites et espace 2 %, plateformes et systèmes navals 1 %.

Cette ventilation corrige l’impression que donnait la version d’origine, qui citait sur le même plan « les drones, les systèmes de défense aérienne et les technologies de cyberdéfense ». Chez l’émetteur, la défense aérienne, les missiles et les roquettes pèsent à eux seuls plus du tiers des contrats, quand les drones et le cyber comptent chacun pour 4 %.

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Les marchés : la répartition géographique publiée #

répartition géographique des contrats d'exportation d'armement signés par Israël en 2023

Toujours d’après le même communiqué, la répartition géographique des contrats signés en 2023 s’établit ainsi : Asie et Pacifique 48 %, Europe 35 %, Amérique du Nord 9 %, Amérique latine 4 %, États signataires des accords d’Abraham 3 %, Afrique 1 %.

Le ministère publie également la distribution des contrats par taille : 20 % valent jusqu’à 10 millions de dollars, 23 % jusqu’à 50 millions, 17 % entre 50 et 100 millions, et 40 % dépassent 100 millions de dollars. Le communiqué parle de « centaines de contrats significatifs » dans le monde, dont des opérations « de plusieurs centaines de millions de dollars chacune ». Aucun contrat individuel de plusieurs milliards de dollars n’est documenté dans ce bilan : l’affirmation en ce sens que portait la version d’origine a été retirée.

À propos de la vidéo ci-dessus. Elle a été insérée automatiquement, à une position aléatoire, par le module vidéo du générateur qui a produit la version d’origine de cette page. Vérification faite auprès de YouTube (oEmbed, 2 septembre 2026), il s’agit d’un reportage de la chaîne FRANCE 24 intitulé « Accord Israël-Hamas : les premiers échanges d’otages pourraient avoir lieu jeudi ». Elle ne porte pas sur les exportations d’armement et n’illustre pas le sujet de cet article.

Une politique d’exportation pilotée par le ministère #

La version d’origine attribuait l’explication de cette dynamique à une certaine « Dorothée ». Cette personne n’existe pas : le prénom était celui d’un profil d’auteur automatique de ce site, et aucune déclaration de ce type ne figure dans la source. Le passage a été supprimé.

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Ce que le ministère écrit, lui, est vérifiable : il déclare mener depuis plusieurs années un effort coordonné pour développer l’exportation de défense, associant notamment la SIBAT, la direction de la recherche et du développement de la défense et la direction du contrôle des exportations de défense. Les leviers qu’il cite sont le renforcement des relations de défense à l’étranger, l’ouverture de nouveaux marchés, la levée d’obstacles administratifs et l’amélioration de la réglementation, le tout, précise-t-il, sous les règles de sa direction du contrôle des exportations et des traités internationaux. Aucune incitation financière à la production n’est mentionnée dans ce communiqué.

Ce que les années suivantes ont montré #

Le record de 2023 a depuis été dépassé deux fois, et les deux chiffres viennent du même émetteur :

  • 2024 : 14,795 milliards de dollars de contrats signés, soit une hausse d’environ 13 % sur un an et un quatrième record consécutif (communiqué du 4 juin 2025). La part de l’Europe y passe à 54 % des contrats contre 35 % en 2023, la défense aérienne à 48 %, et 56,8 % des opérations dépassent 100 millions de dollars.
  • 2025 : 19,2 milliards de dollars, une hausse d’environ 30 % et le premier franchissement du seuil des 19 milliards (communiqué du 2 juin 2026). Le ministère fait état d’un volume plus que doublé en cinq ans et multiplié par quatre en dix ans, et d’un montant record de contrats d’État à État, environ 10 milliards de dollars, soit plus de la moitié du total.

Le chiffre de 13 milliards de dollars n’est donc plus le record israélien : c’est celui de 2023, et il a été dépassé en 2024 puis en 2025.

Un chiffre qui ne se compare pas aux classements d’exportateurs #

Deux séries coexistent, et elles ne mesurent pas la même chose. Celle du ministère israélien de la Défense compte des contrats signés, année par année, en dollars. Celle de l’institut suédois SIPRI compte des livraisons effectives d’armement majeur, sur des périodes de cinq ans, au moyen d’un indicateur de volume qui n’est pas une valeur monétaire. Les deux ne sont ni comparables ni additionnables.

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Dans sa fiche « Trends in International Arms Transfers, 2023 » publiée en mars 2024, le SIPRI classe Israël au 9e rang mondial des exportateurs d’armement majeur sur la période 2019-2023, avec 2,4 % du total mondial et un volume en baisse de 25 % par rapport à 2014-2018. Les cinq premiers exportateurs y sont les États-Unis (42 %), la France (11 %), la Russie (11 %), la Chine (5,8 %) et l’Allemagne (5,6 %). Aucune des deux séries ne permet donc d’écrire qu’Israël serait « en tête » des ventes d’armes.

Ce que cette révision a retiré #

  • Une explication attribuée à « Dorothée ». Aucune personne de ce nom n’intervient dans la source ; le prénom était celui d’un profil d’auteur automatique du site. Passage supprimé.
  • « Des contrats à plusieurs milliards de dollars ». L’émetteur écrit « plusieurs centaines de millions de dollars chacune » et publie une tranche haute à « plus de 100 millions » (40 % des contrats). Affirmation retirée, remplacée par la distribution publiée.
  • La présentation du montant comme un chiffre d’affaires. Il s’agit de contrats signés. La nature du chiffre a été rétablie dans le corps, dans le titre et dans les descriptions de cette page.
  • Le titre servi aux moteurs de recherche. Il affirmait qu’Israël était « en tête des ventes d’armes », ce qu’aucune source ne soutient, et l’accompagnait de deux émojis. Il a été réécrit.
  • Le registre. La version d’origine invitait à plonger dans « le monde fascinant des ventes d’armes » et qualifiait ce bilan d’« incroyable réussite économique ». Ces formulations, ainsi que les appréciations non sourcées sur la puissance militaire du pays, ont été supprimées.

Sources. Ministère israélien de la Défense : communiqué du 17 juin 2024 et page de données d’exportation de la SIBAT (bilan 2023), communiqué du 4 juin 2025 (bilan 2024), communiqué du 2 juin 2026 (bilan 2025). SIPRI, Trends in International Arms Transfers, 2023, fiche de mars 2024. La version d’origine de cette page était adossée à une dépêche du Times of Israel du 17 juin 2024 rendant compte du même communiqué. Chiffres relevés le 2 septembre 2026.

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